Ambroise Segui Farama : L’avocat des ‘’pauvres’’ en quête du fauteuil présidentiel

Il se fait appeler l’avocat des pauvres. Il a décidé de briguer la magistrature suprême au Burkina Faso. Après avoir longtemps milité à l’Union pour la Renaissance/Parti Sankariste (Unir/Ps), Me Farama a décidé de passer à la vitesse supérieure.

 Agé de 44 ans, il envisage de devenir le 10e président du Burkina avec le soutien de l’Organisation des Peuples Africains (OPA-BF), parti qu’il a lancé en février 2018. Ce parti panafricaniste appelle à la création rapide et urgente des Etats-Unis d’Afrique.  Me Ambroise FARAMA, également avocat à la Cour entend se battre avec ses camarades pour l’édification d’une société nouvelle, débarrassée de l’injustice sociale et de la domination impérialiste, une fois au pouvoir. Cet ancien militant de l’Association nationale des étudiants du Burkina (Aneb) et de l’Union pour la Renaissance/ Parti Sankariste (Unir-Ps) a obtenu sa maitrise de droit judiciaire privé en 2002 à l’unité de formation et de recherche en sciences juridiques et politiques de l’Université Joseph Ki Zerbo. L’année suivante, il est admis au concours du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA). Puis, il obtient son diplôme de cycle A de l’ENAREF en option fiscalité en 2007. En 2010, il décroche un DEA en droit privé fondamental.  Depuis 2005, il est avocat fiscaliste.  Ambroise Farama a été lauréat du concours international de plaidoirie de la francophonie, organisé en collaboration avec le Barreau de Paris à Ouagadougou avec le premier prix.  Homme de droit, avocat de la famille Sankara dans le dossier de l’assassinat du président du Faso, le 15 octobre 1987, Me Farama n’est pourtant pas tendre avec le monde judiciaire du Burkina. Il y a deux ans, lorsque Bendré lui demandait son avis sur l’indépendance de la justice de notre pays voilà ce qu’il disait : « Du point de vue formel, les textes garantissent l’indépendance de la justice. Mais si les juges eux-mêmes refusent d’assumer leur propre indépendance, que voulez-vous. On ne peut pas forcer quelqu’un à prendre son indépendance lorsque celui-ci refuse de l’assumer. Il appartient à chaque juge de s’assumer”, avait-il expliqué.  « Ils ont obtenu l’amélioration de leurs conditions de vie. Mais cela a- t-il amélioré leurs conditions de travail ? Je dis non. Le salaire qui est servi à un magistrat ne doit pas lui servir du reste à améliorer ses conditions de travail. Il revient à l’Etat d’améliorer les conditions objectives de travail.  Mais est-ce que l’amélioration des salaires a permis de lutter contre la corruption ? Je dis non. Mon père me disait que la corruption est une question d’éducation. Ceux qui ont les plus grands revenus sont en général les plus corrompus ».

Parcours politique

Affiliée au chef de file de l’Opposition politique du Burkina Faso depuis sa création, l’OPA-BF est composé de plusieurs militants issus de la fronde au sein de l’UNIR/PS. C’est de ce parti qu’est d’ailleurs parti Me Farama en 2017 pour lancer avec d’autres camarades l’OPA-BF. Me Farama avait même défendu les couleurs de l’Unir/Ps aux élections couplées législatives de 2010 et 2015 dans la province du PONI, mais sans succès. D’après lui, son parti s’inscrit dans une ligne idéologique révolutionnaire avec le néo-panafricanisme révolutionnaire comme ligne de conduite politique. Il s’agit à l’en croire de dépasser le « sankarisme » verbale et mettre en pratique les idéaux du père de la révolution. Comment cet homme politique entend résoudre la question sécuritaire qui assaillent les Burkinabè ? « Personnellement, je ne pense pas que la question du terrorisme trouvera une réponse seulement sur le plan militaire. Même les pays les plus puissants militairement ne sont pas venus à bout du terrorisme seulement que par les armes. Nous avons certes besoin d’une armée forte pour parvenir à combattre les terroristes sur le terrain. Mais je pense qu’il nous faut améliorer notre système de renseignements. Qu’est-ce qui fait que des enfants d’un pays peuvent se révolter au point de prendre des armes contre leur patrie au risque de leur vie ? Alors qu’ils peuvent travailler et gagner dignement leur pain quotidien ? Pour moi, c’est l’injustice sociale, la mauvaise répartition des ressources, l’abandon de certaines zones… qui peuvent expliquer cela… En tous les cas, ma conviction est faite que ce n’est pas par les armes qu’on viendra à bout du terrorisme ».

Candidat à la présidentielle et aux législatives, Me Ambroise croit en ses chances de remplacer le candidat du MPP, Roch Marc Christian Kaboré au soir du 22 novembre 2020, au palais de Kosyam.

 SOW Abdoul Rachid

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