Marche de la CCVC : Tous contre l'augmentation du prix des hydrocarbures

 

La Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude et l’impunité et pour les libertés (CCVC), a organisé une journée nationale de protestation contre la hausse du prix des hydrocarbures. Cette marche ponctuée d’un meeting s’est tenue  le 29 novembre 2018 et a connu la mobilisation de plusieurs pans de la société burkinabè.

Le jeudi 29 novembre 2018, à l’appel de la CCVC, des citoyens de toutes les couches de la société ont investi les rues de la capitale burkinabè. « Nous sommes sortis pour dire non à la hausse des prix des hydrocarbures décidée par le gouvernement de Roch« , lance un jeune-homme, sueur coulant sur son front. Il était sur les nerfs et marchait à coté des élèves. Eux, vêtus en kaki, n’ont pas voulu se faire conter les choses. C’est pourquoi, ils sont massivement descendus dans les artères de Ouagadougou pour crier leur désapprobation face à la mesure d’augmentation du prix du carburant. « Nous ne sommes pas d’accord avec le gouvernement. Nos parents souffrent beaucoup. La vie est chère et malgré tout ça, le gouvernement a décidé d’augmenter le carburant. Donc, ils veulent qu’on reste à la maison maintenant quoi? Augmenter le prix à 75 Francs en un coup comme ça. Vraiment, on n’est pas d’accord », proteste un élève d’un établissement public de la place. Ses camarades, séduits par son propos, l’ont encouragé en ces termes: « Bien dit. Tu as bien parlé ». Tout au long de la marche, des slogans ont été scandés. De cette augmentation, les manifestants n’en veulent pas entendre parler. « Nous voulons le retour aux anciens prix du carburant. Un point, c’est tout », exige un manifestant qui n’a pas pu s’empêcher de se demander si « ce pays est vraiment gouverné« . Pour son voisin, la réponse est négative. ‘’Le pays n’est pas gouverné. Le pays n’est même pas assisté« . Cette réponse a été suivie de rires et de petites acclamations dans le groupe.

« Mesure inique, cynique et criminelle « 

Les marcheurs ont défilé de la Bourse du Travail au Ministère en charge du Commerce. Ils ont été reçus par le maître des lieux, Harouna Kaboré. A la réception de la plate-forme revendicative des mains du 1er vice-président de la CCVC, Chrysogone Zougmoré, le ministre a promis de transmettre les revendications au Premier ministre. De retour à la Bourse du Travail, le message des organisateurs de la marche a été on ne peut plus clair. Cette augmentation du prix des hydrocarbures est « brusque, injustifiée et injustifiable et a été prise dans un contexte extrêmement difficile pour la grande majorité de nos populations des villes et campagnes, qui ploient déjà sous le poids de la vie chère et de la misère », explique le 1er Vice-président. Dans son adresse, il a décrié une mesure « inique, cynique, cruelle et criminelle, prise sans état d’âme, par un gouvernement exécutant au quart de tour les injonctions du FMI et de la Banque mondiale, mais sourd et muet face aux cris de détresse des Burkinabè« . Pour Chrysogone Zougmoré et ses camarades, on ne peut pas vouloir faire payer au peuple burkinabè les conséquences de la mauvaise gestion de la SONABHY qui semble devenue une caverne d’Ali Baba dont ils demandent depuis maintenant des lustres un audit indépendant. Selon le président du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), au lieu de demander un effort de guerre au peuple en peine, il faut que le gouvernement pense à réduire les salaires des ministres, des privilèges dont ils bénéficient et à prendre toutes les mesures nécessaires à l’arrestation et au jugement de tous les pilleurs de deniers publics et des autres voleurs de la République.

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